
La Québécoise poursuit son exploration du quotidien et des sentiments, au féminin, dans un nouveau disque en public, avec 13 inédits.
Record battu ? Dans la francophonie, même un Jean-Louis Murat n'a pas fait mieux : 13 albums en 20 ans. Le nouveau totalise 18 chansons, dont 13 inédits. Un disque en concert. Lynda Lemay en raffole. « Mon public aime moins mes enregistrements en studio. Il les trouve plus tristes... »
En France, la Québécoise a un public fidèle. Elle a encore vendu 150 000 exemplaires de son précédent CD. Les fans se retrouvent dans ses textes qui collent souvent à leurs états d'âmes... Surtout les femmes. Elles y lisent leurs petits soucis et leurs grandes blessures. « Sur ce disque, plusieurs thèmes m'ont été soufflées par elles », confie Lynda Lemay.
Dommage qu'elle se répète
Ainsi, cette femme qui n'arrive pas à annoncer son homosexualité à ses proches ou cette autre, honteuse d'avouer combien son chat décédé lui manque... « Il faut que ça me touche. Alors, je me laisse déborder d'émotion, je le prends à mon compte et ça vient tout seul », explique la Québécoise. Dans ce nouvel album, acoustique, Lynda Lemay poursuit son inventaire des choses de la vie, de la chaleur de l'enfance (le joli Ça valait des millions) au couperet de la maladie (Mes plus belles vacances) et de la mort (Ancêtre) qu'elle aborde de front, comme peu d'artistes.
Dommage qu'elle se répète parfois, qu'elle revient sur des thèmes déjà entendus. Elle assume : « Des gens s'accrochent à mes chansons. Je dois les encourager. En échange, je reçois de grandes doses d'amour de mon public. » Quitte à exagérer sur le pathos (Blessée) ou sur l'humour un peu facile (Gros colons) alors qu'elle sait se montrer franchement drôle (Farce d'oreille).
Lynda Lemay n'est jamais meilleure que quand elle laisse son écriture gambader sur des tableaux du quotidien esquissés à petites touches, comme dans la très sensible Debout sur les pissenlits.
Michel TROADEC.