
HIER SOIR AU COLISÉE
Publié le jeudi 11 novembre 2010 à 06h00
Elle ne cède rien à la mode, et ça lui va très bien. Lynda Lemay, c'est l'essence même de la chanson, ce souffle intime qui porte en son sein tant d'émotions et de consolations.
Qui offre de bouleversants moments de vérité. La conteuse est ici en terrain conquis, avec son indicible magie et son inestimable charme. Naturelle et spontanée, acide ou caressante.
La Québécoise interpelle et remue celui qui sait tendre l'oreille. Parce qu'elle a des tripes et du coeur. Ses chansons savent nous accompagner. Comme une fête. Comme un deuil. De confessions déchirantes (Les canards) en portraits émouvants (J'ai rencontré Marie), de travers romanesques (Chéri tu ronfles, Au nom de toutes les frustrées, Les mûres) en tranches de vie (Blessée, Allô c'est moi), Lynda Lemay continue d'affiner son art. Et sa voix laisse échapper des myriades de sentiments pénétrants. L'écouter, c'est plonger dans un bain bouillonnant de vie et de poésie. On croque les morceaux - servis par des guitares acoustiques, un piano et un violon - avec un mélange d'impatience et de gourmandise. Au fil des rimes, on accepte de se faire bousculer, d'être confronté au miroir de l'existence. Les textes à la fois sensibles, subtils et intelligents traquent la justesse plutôt que la figure de style.
Lynda Lemay convoque la mort (Mes plus belles vacances), l'adultère (Les souliers verts), l'hypocrisie des réunions de famille (La visite). Et nous pousse dans des retranchements lacrymaux sur les vibrants La centenaire et Le plus fort, c'est mon père. La classe et la grâce.