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Blog entièrement consacré à Lynda lemay : actualités, tournée, passages télé et radio .............

Journal de Montréal 21 mai 2011 «Avec un seul texte, tu m'as convaincue»

MAXIME LANDRY | TÊTE-À-TÊTE
«Avec un seul texte, tu m'as convaincue» - Lynda Lemay
21-05-2011 | 04h00
 
 
 
 
 

Maxime : Quels artistes t’ont amenée à faire de la musique?

Lynda: Johnny Hallyday, c'est mon idole. S'il y en a un que j'ai écouté pendant toute mon enfance, c'est bien lui, mais je ne sais pas si c'est lui qui m'a réellement inspirée à faire de la musique… Un jour, grâce à un chansonnier du Québec, j'ai découvert les chansons de l'artiste français Francis Lalanne.

J'ai eu un coup de foudre pour ce style d'écriture. C'est lui qui m'a fait réaliser qu'on pouvait avoir un discours proche du monde et une poésie très concrète.

 

M: J'ai remarqué que tu as plusieurs cahiers dans lesquels tu écris… Tu en as combien, les as-tu comptés?

 

L: Je ne le sais pas. À mes débuts, je faisais le décompte avec ma soeur Diane, qui travaille avec moi depuis toujours.

Cependant, je tiens à préciser que ces chansons ne sont pas toutes chantables. Il y en a plusieurs qui font seulement partie de l'exercice qui mène à une bonne chanson.

M: Comment devient-on un bon auteur? Est-ce que ça s'apprend?

L: À mon avis, c'est un talent qui doit faire partie de nous. Quelqu'un qui n'a pas ce talent- là peut toujours écrire, mais il ne créera jamais des chansons qu'on aura envie de retenir. Par contre, quand on a un vrai talent — et je pense que c'est ton cas puisque tu m'as fait lire un de tes premiers textes — on sent que ça vient des tripes, du coeur et de l'âme. Avec un seul texte, tu m'as convaincue.

Il faut dire qu'il y a une évidence à propos de tous tes talents. Dès tes auditions, à Star Académie, on savait que tu étais un interprète bouleversant et extraordinaire. Personne ne pouvait dire le contraire. Sur scène ou en entrevue, tu es toujours exactement toi-même. C'est beau, cette intégrité… et c'est pour cette raison que les gens t'aiment autant.

M: Wow… Sans nécessairement dire que j'aimerais être le premier sur la liste si c'est le cas (rires), est-ce que tu aimerais, un jour, devenir le mentor d'un artiste qui a besoin d'un modèle, de quelqu'un d'expérience pour le guider?

L: «Coacher», c'est plus près de moi, mais quelqu'un comme toi n'a pas vraiment besoin de conseils, car, juste en observant les autres auteurs-compositeurs que tu admires, tu arrives à assimiler des choses.

Aznavour a déjà dit à un journaliste qui lui demandait ce qu'il pourrait me conseiller: «Je n'ai pas de conseil à lui donner. Elle fait ce qu'elle veut, et, d'ailleurs, c'est pour ça qu'elle fait ce qu'elle fait.» Ça m'avait beaucoup touchée. Au fond, c'est vrai que, si je suis aujourd'hui Lynda Lemay, avec mon style d'écriture, c'est parce que je me suis fait confiance.

M: Raconte-moi comment tu as fait pour percer en Europe. Ça m'intrigue, puisque c'est l’un de mes rêves…

L: Contrairement à toi, ce n'était pas l’un de mes rêves, de voyager. Cependant, lorsque j'ai remporté le titre de la meilleure auteure-compositrice- interprète, au Festival de la chanson de Granby, en 1989, le prix comprenait quatre voyages en France, dont l’un au Festival de la chanson québécoise de Saint-Malo. Ce voyage, c'est mon plus beau souvenir en carrière. J'avais ton insouciance; je profitais du moment. Un soir, le public a capoté.

Les gens cognaient, pleuraient et en redemandaient. Je n'avais jamais vécu ça. À ce moment, j'ai su qu'il y avait un intérêt, en France, pour mes chansons (...) D'ailleurs, je vais faire l'Olympia de Paris, en janvier 2012. Si tu assistes à l'un de mes spectacles, je t'inviterai à monter sur scène!

Lynda: Qui sont les premiers artistes qui t'ont vraiment influencé?

Maxime: Quand j'étais jeune, à la maison, c'était très western et country. Parmi les premiers artistes que j'ai écoutés, il y a Marcel Martel, Paul Brunelle et le soldat Lebrun… Ce sont aussi les chansons de ces artistes que j'ai chantées lorsque j'ai commencé à faire de la musique dans les bars, à l’âge de 12 ans. Ce style de musique a vraiment marqué toute ma vie.

D’un autre côté, j’ai aussi été inspiré par Céline Dion. Je la regardais et j'admirais sa carrière. Pour moi, c'était du rêve. D’autres artistes du Québec, comme Isabelle Boulay, par exemple, m’ont également fait rêver.

Cependant, c'est à cause de ma mère que j'ai vraiment commencé à faire de la musique. Elle écrivait des chansons. Elle doit en avoir 400. Quand elle a enregistré sa première cassette, j'avais six ans. J'étais allé en studio, avec elle, et je me souviens que la console m'avait fait triper. Ce monde- là était vraiment irréel, pour moi. C'est après cette expérience que j'ai demandé ma première guitare.

L: Ta carrière est jeune, et tu as déjà réalisé plusieurs de tes rêves. Est-ce qu'il t'en reste encore?

M: Mon rêve, c'est vraiment de percer en Europe. Pour l'expliquer, je dois revenir à Star Académie. Une semaine avant le début de l'aventure, je jouais encore dans les bars. Tout a changé très rapidement. C'est, peut-être, pour cette raison que j'espère pouvoir aller en Europe, où personne ne me connaît. J'aimerais pouvoir me présenter et avoir la chance de chanter une chanson, pour voir ce qui arriverait, par la suite. Je voudrais vraiment bâtir quelque chose là-bas, tranquillement.

L: Comme je te disais plus tôt, tu vas avoir ta chance à l'Olympia, en janvier prochain!

M: (Rires) Je ne l'oublierai pas, c'est certain… En plus, le deuxième album va être lancé. Le timing serait bon !

L: D’où viennent tes grandes ambitions?

M: À l'âge de 16 ans, quand mon père est décédé, c'est là que je me suis dit qu'il fallait que je fonce, si c'était vraiment ce que je voulais faire dans la vie. Avant, ça faisait mon affaire, de seulement faire des bars, dans mes temps libres.

J'ai ensuite réalisé que, dans la vie, il faut que tu fasses ce que tu aimes tout de suite, puisque mon père a passé sa vie à travailler pour que nous puissions en profiter, plus tard. Il ne s'est jamais gâté. J'ai donc commencé à suivre des cours de chant, à Montréal, et à m’inscrire à des concours. S'il y a une chose que mon père m'a enseignée, c'est la persévérance.

L: Tu m'as dit, il y a quelques semaines, que tu ne voulais pas écrire. Pourtant, tu m'as envoyé, récemment, ta première chanson, qui est vraiment très touchante. J'ai pleuré en la lisant.

M: C'est vrai, j'ai écrit ma première vraie chanson. Jusqu’à présent, j’avais plein de cahiers remplis de textes que je ne finissais jamais. Finalement, un matin, j'ai écrit un texte et je te l'ai envoyé. J'étais tellement gêné, ça n'avait aucun bon sens. Je n'arrivais pas à croire que j'allais présenter mon texte à la personne qui, pour moi, est la meilleure auteure- compositrice. Malgré tout, je savais que, avec toi, je n’avais pas besoin de me censurer.

 http://fr.canoe.ca/divertissement/musique/nouvelles/2011/05/19/18166321-jdm.html

 

 

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